Livres de philosophie pour enfant

Livres de philosophie pour enfant

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L’ours Barnabé- Philippe Coudray

 

 

 

 

 

 

 

Les Petits Platons :

Histoires racontées aux enfants pour leur donner accès à un philosophe, à partir de 10 ans  :

http://www.lespetitsplatons.com/html/articles/view.php/13/le-malin-genie-de-monsieur-descartes?time=1366206111

 

 

 

La belle image de Cyril Bonin

 
 

Pour adolescents ou adultes, une réflexion philosophique sur l’apparence et le regard des autres, le regard sur soi par rapport à son image, et la recherche de son identité.

On peut aussi y voir une belle introspection, ainsi que la quête de l’amour  inconditionnel par delà les normes et les attentes .

 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
Titre : Les grands entretiens d’Emile – C’est quoi être riche ?
Auteurs : Emile, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
Éditeur : L’Aube
Remarque liminaire : ne me jetez pas la pierre, Pierre, je n’ai pas fait d’études d’économie. Ne venez pas m’honnir à coup de théories économico-politiques, je critique plus la méthode que véritablement le fond du livre.
Emile est un collégien de la Nièvre. Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon sont sociologues, chercheurs au CNRS. Ce très court livre est un échange entre un élève curieux et deux adultes qui apportent leurs réponses.
Le moins que l’on puisse dire est que l’approche du couple Pinçon est marqué sociologiquement et politiquement. Ils se revendiquent très très à gauche, ce qui en soi ne me pose pas problème… sauf que leur vision est du coup partisane. Pas forcément fausse, entendons-nous bien, il y a quelques points qui ne me semblent souffrir d’aucune contestation possible, mais diablement déformée par un prisme idéologique qui n’a pas forcément sa place dans un échange avec un jeune de 13 ans.
Que la société actuelle ait sombré dans un individualisme néfaste, que les pauvres soient plus pauvre et les riches plus riches, que les personnes qui détiennent un certain pouvoir (média, argent, réseaux,…) le mettent au profit d’un petit nombre d’entre nous et surtout dans un objectif de formatage des masses, soit. Ils font là un constat objectif.
Ce qui me gêne plus, en revanche, c’est cette facilité consistant à parler de « bourgeoisie », concept qui n’a plus vraiment de sens dans nos sociétés modernes, en basant tout sur une notion de lutte des classes (notion qui dans cette acceptation a tout aussi peu de sens que celle de bourgeoisie). Une définition de « classe » qui me convient mieux serait la suivante : « le revenu créé par la production est divisé entre deux classes antagonistes, le capital et les travailleurs, et la partie qui est allouée au capital constitue une appropriation de la richesse produite par le travail des salariés. Les classes sont comprises en termes relationnels et ces rapports sont empreints de la domination et de l’exploitation qui accompagnent systématiquement la production » (in http://www.laviedesidees.fr/Piketty-hors-classe.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook).
« Sans ouvriers, pas de patrons ! », tel semble être leur crédo. C’est bien entendu vrai mais c’est aussi oublier que sans patrons (et encore faudrait-il savoir ce que l’on met dans cette dénomination), pas de travail ! On aurait par contre raison de s’intéresser aux conditions du travail… Posé différemment, je dirai que de mon point de vue, une entreprise ne tourne que parce qu’elle a à la fois un (ou des) patron(s) et des salariés. Je ne peux que déplorer les abus opérés parfois (souvent ?, mais pas systématiquement) par les patrons sur leurs salariés (et cela est très variable en fonction de l’activité de l’entreprise, de la qualification des salariés,…). Ce que l’on peut regretter, analyser et chercher à modifier c’est en premier lieu la façon dont s’organise la relation entre les classes (voir supra) et par là la capacité d’une catégorie à maintenir l’autre dans la situation de dépendance qui est la sienne. Ensuite on peut s’interroger sur la nature de l’appropriation ou sur la part d’appropriation de la production d’une classe par la classe hiérarchiquement au-dessus.
Réduire les dividendes à la notion de rémunération indue est fallacieux, factieux et exagéré : les dividendes rémunèrent également le risque pris par un homme (je ne parle pas d’investisseurs purs, entendons-nous bien, ou de patrons parachutés à la tête d’une entreprise du CAC40) pour créer sa propre entreprise. Mettre tous les patrons dans le même panier revient à décrédibiliser le discours qui est de discuter de la richesse et de sa (non) répartition. Que la part du revenu « dividende » augmente exagérément et au détriment du revenu « salaire » ou que le revenu « salaire » d’une classe soit disproportionné par rapport au revenu « salaire » de l’autre classe me semble être une manière plus sensée de poser le problème. Stigmatiser l’ensemble d’une classe à l’aune des abus d’une partie d’entre elle ne me semble pas de nature à répondre à la question ni favoriser un quelconque dialogue.
L’école publique et l’école privée ont des conceptions différentes de l’enseignement mais écrire noir sur blanc que l’école privée est élitiste en prenant un exemple outrancier et en généralisant à l’ensemble des établissements du secteur privé me semble être une falsification de la réalité. Il existe des écoles dans le public tout aussi élitistes que dans le privé.
C’est là la limite, non pas tant de l’exercice proposé dans ce livre, mais de la façon dont il est traité par les deux sociologues concernés.
Et pourtant ! Et pourtant, ils nous forcent à nous interroger sur ces différentes notions : sur le cloisonnement strict qui s’opère aujourd’hui entre les différentes couches de la société, sur l’absence de réaction des catégories les plus défavorisées, hier syndiquées et organisées et aujourd’hui isolées et individualisées, sur l’absence de partage, sur l’inégalité des chances, sur l’existence de phénomènes précis d’exploitation des uns par les autres. Ce sont de vrais sujets de société, des sujets qui restent encore à traiter.
Petit plus : les dessins qui illustrent les échanges sont eux pour le coup très réussis et souvent « bien sentis ».
Ces « grands entretiens d’Emile » verront d’autres épisodes être édités, j’espère et je pense avec plus d’intérêt et moins d’esprit partisan et cloisonné.