Faut-il donner goût à la philosophie ?

Faut-il donner goût à la philosophie ?

Enseigner le mythe de la caverne pour commencer la philosophie semble appropriée pour donner à comprendre ce qu’est l’attitude philosophique, mais cette étude requiert non pas de connaître le passage textuel et d’en savoir la signification dans la philosophie de Platon, mais de pouvoir l’employer pour se faire une idée de la démarche afin d’adopter un point de vue philosophique sur le monde. Bien des philosophes l’ont reconnus, le plaisir éprouvé à philosopher est en contradiction avec les intérêts de notre propre vie, personnelle, intime. L’étude de la philosophie ne doit pas être faite dans la recherche d’un quelconque honneur. Ainsi l’écueil de bien des philosophes est sans doute d’avoir voulu faire une découverte positive et d’apposer un sens systématique sur le cours des choses, se posant comme les ultimes penseurs.
Une réelle capacité philosophique implique de se placer sur un plan universel. Aussi le mythe de la caverne enseigne ceci ; que les êtres humains sont préoccupés par leurs honneurs, et par l’apparence sensible mais ne contemplent pas le cours des astres. Cet enseignement permet de considérer la place réelle dans le temps et dans l’espace de l’être vivant, cette détermination n’est alors plus une vérité relative mais le Vrai.
Faut-il donc étudier les philosophes uniquement pour comprendre la complexité de leur pensée et dénouer les problématiques conceptuelles obscures? Si elles sont si obscures que cela! N’avons-nous pas tendance à complexifier ces pensées, là où leurs mots se suffisent à eux-mêmes? N’est-il pas quelque chose de plus accessible à toute raison que les écrits philosophiques ?
N’y a-t-il pas un abandon d’une capacité de philosopher par soi-même et pour soi-même ? L’étude de la philosophie telle qu’elle se fait désormais n’est-t-elle pas, une grande sophistique, quel carcan retient la pensée, ne peut elle se libérer des schémas préconçus ?
Toutes ces questions veulent prévenir de l’erreur souvent faite d’aborder les philosophes avec la peur de ne pas comprendre. L’écueil est autant du aux professeurs qui expliquent ces philosophes avec une trop grande complexité, sans essayer de susciter l’émotion chez l’élève; que le fait des élèves ou étudiants qui ne lisent pas par eux-mêmes la philosophie qui doit être vécue intimement et ne doit pas rester une compréhension purement rationnelle. Ceci implique et suppose que la philosophie doit être un ébranlement, et non pas seulement un apprentissage. Que des spécialistes creusent de façon complexe les rapports entre les philosophes; tentent de s’assurer du sens de leurs pensées, est une chose, qui a son intérêt pour les spécialistes: mais sans en arriver là; la philosophie peut avoir une fonction de prise de distance sur le quotidien sans avoir besoin de connaître la pensée d’un auteur dans son ensemble.
Les étudiants de philosophie ont une réaction paradoxale lorsqu’ils découvrent l’enseignement à l’université, ils s’impliquent dans un domaine qu’ils ont choisis mais en critiquent très vite la complexité et les exigences. Cette réaction peut se comprendre, on ne va pas étudier la philosophie par hasard, souvent il y a eu une rencontre intime avec elle. Mis à part ceux qui ont été poussé par leur parents ou un autre souhait de paraître. Ainsi les premiers cours sont épanouissants, mais arrivent les partiels où on ne doit pas réfléchir, mais avoir une connaissance de ce qui a été étudié. On n’est donc plus là pour observer les mouvements de la pensée, mais pour consacrer ceux qui en ont fait quelque chose avant nous.
Pourquoi est-ce désormais si difficile de faire les deux, apprendre, et penser par soi-même ? Il semble qu’il y ait un choix à effectuer comme si devoir connaître un auteur empêchait de nourrir sa propre pensée.
Cela nécessite une lutte continuelle de continuer à prendre connaissance des penseurs et ne pas falsifier sa propre capacité de juger.