Il y a une vie de la philosophie en dehors de la classe…

Seule la philosophie procure cette délectation étrange, nous observons notre condition humaine, nous nous pensons en train de penser et cela réveille un plaisir de penser à l'état pur, le plaisir de se penser en tant qu'homme pensant, mais s'étonnant aussi de nous étonner, avec la profondeur et la candeur de la redécouverte à chaque fois qu'on touche à l'essence de l'acte philosophique.

Une magnifique vidéo comme nous avons la chance de pouvoir en regarder grâce à Internet : la minute d’introduction ouvre sur cette phrase : il y a une vie de la philosophie hors de la classe, une cité des philosophes qui l’englobe et la nourrit. La philosophie n’est pas réservée aux bancs de l’école, elle vit lorsqu’on pense et se libère d’une pensée trop orchestrée. Le sujet développé est la question de la vérité et la possibilité qu’a la philosophie d’en cerner le contour :

phttps://www.youtube.com/watch?v=v3M0SJ2sJqg&list=PLFXsBUzgwUEWgwcydvAmc-HPGsyEXRdlp


La mort de Socrate (Ve siècle av. J.-C.) condamné à boire la ciguë, après avoir été accusé d’impiété et de corruption de la jeunesse. Peinture de Jacques-Louis David de 1787. Metropolitan Museum, New York. © leemage/ Jacques Louis David




L’art de la dialectique n’est pas enseigné, pourquoi? L’école ne pourrait-elle pas être le lieu du développement de la réflexion personnelle? La dialectique rend l’individu fatiguant parce qu’il pose des questions et remet en cause l’état des choses. Le film Être et devenir permet de comprendre les limites de l’éducation classique et comment elle nous éloigne de la pensée dialectique.

Film : Être et devenir :

http://etreetdevenir.com/EED.fr.html#Accueil

Un documentaire de Clara Bellar : « Et si nous faisions le choix de ne pas scolariser nos enfants? »

L’apparence ou la dictature de l’opinion.

Roland Gori, La Fabrique des imposteurs. https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU

Comment notre société en est venu à survaloriser l’opinion et l’absence de pensée?

Très belle référence donnée par Roland Gori : La Chute de Camus.

Tout n’est qu’apparence, tout le monde joue un rôle, on ne doit pas exprimer ses émotions, la seule chose qui soit attendue de nous est de « faire » quelque chose et non pas de penser.

Pourquoi ce site?

Un groupe et peut-être un jour une association?

Avec son site, le projet Didaphilo étend ses possibilités. Les personnes intéressées pourront réagir aux articles en nous contactant.

L’objectif est dans un premier temps de permettre la confrontation des idées et des cultures d’individus impliqués de près ou de loin dans l’enseignement de la philosophie, en tant qu’étudiant, autodidacte, enseignant ou élève.

La constitution d’une méthodologie de recherche didactique ne peut être qu’une visée, celle-ci dépendra des interventions et de la volonté de chacun de construire un outil de réflexion.

Que signifie Didaphilo? DIDActique de l’enseignement PHILOsophique.

Dans un premier temps, il s’agit de comprendre ce qu’est la didactique, considérant son histoire et son vocabulaire.

Il est utile d’exposer les thèses et de répertorier les démarches, les protocoles de recherches de la didactique. Ainsi par exemple donner un aperçu des approches didactiques de l’enseignement de la philosophie en terminale.

Enfin, ayant pris connaissance du travail didactique, il est possible de l’interroger, de l’affiner, l’enrichir par de nouvelles approches, proposer d’autres méthodes.

Qui a peur de la philosophie?

GREPH, groupe de recherche sur l’enseignement philosophique :

Qui a peur de la philosophie, p. 26

« L’éducation doit donc être commencée au plus tôt, avant que la perversion ne soit irrémédiable, que la corruption de l’âme par le sensible ne soit telle qu’elle l’empêche à jamais de retrouver sa véritable parenté. L’éducation enfin doit être progressive : le passage du sensible à l’intelligible implique un renversement complet des évaluations spontanées, ce qui exige psychologiquement le temps de s’habituer aux nouvelles mesures. »

Site du Greph http://pratiquesphilo.free.fr/spip.php?article32

La philosophie est-elle accessible à tous? Pourquoi la Philosophie fait-elle peur?

Une réflexion de Coralie Creuzet qui anime des ateliers philosophiques pour enfants, adultes et intergénérationnels.

Qui peut philosopher ?

Il me semble que tout amoureux de la sagesse éprouvant du plaisir à réfléchir, construire une pensée, et qui accepte de dialoguer en se décentrant, peut philosopher.

Philosopher, c’est oser des pensées, des attitudes, et accepter qu’elles soient soumises à la critique (qui n’est autre que l’art du discernement et de la discussion !), mais aussi accepter de critiquer celles des autres !

Philosopher à partir de l’ego, c’est-à-dire sans se distancier de soi, de ses idées – est un obstacle à l’authenticité. Or, comment philosopher avec justesse sans authenticité ? Le fait de se décentrer permet d’être plus objectif, plus efficace dans notre quête de sagesse.

Une fois cette distance établie, un véritable dialogue est possible. Qui dit dialogue dit écoute, ouverture à la pensée autre, mouvement de la pensée : ce qui signifie concrètement s’autoriser à changer d’avis, c’est-à-dire à se laisser déranger, toucher par la pensée autre et, après l’avoir soumise à la critique, éventuellement l’adopter… Philosopher, c’est donc accepter de faire l’effort de penser par soi-même ! Et j’ai pu constater au fil des ateliers que les enfants en sont aussi merveilleusement capables ! Et j’ai pu constater au fil des ateliers que les enfants en sont aussi merveilleusement capables ! En effet, ils n’ont presque aucune difficulté à exprimer leur désaccord avec une idée, ni même à recevoir ce désaccord, sans colère, ni vexation. Ils parlent également de manière plus authentique, « sans filtre », ce qui permet d’aller au fond des choses, comme la flèche qui atteint le cœur de la cible. Cela aurait-il un rapport avec une certaine humilité ? Un certain rapport à leur propre image ?… Quant à la profondeur de leurs propos, elle n’est plus à prouver… Bref, pour peu qu’on les mette à leur portée, les enfants s’emparent vaillamment des outils de pensée, si bien que, lors d’ateliers intergénérationnels, les adultes sont la plupart du temps émerveillés, stupéfaits, et même rassurés que l’avenir soit entre de telles mains…

Attention toutefois à ne pas confondre une simple juxtaposition d’opinions avec de la philosophie!

Qui peut être appelé philosophe ?

Est philosophe celui qui pratique la philosophie, c’est-à-dire celui qui s’engage dans une réflexion sur le monde , qui dialogue avec lui-même et les autres, se remet en question… Être professeur de philosophie ou étudiant en philosophie ne signifie pas être philosophe. On peut enseigner la philosophie sans jamais l’avoir pratiquée !

En outre, le philosophe est celui qui incarne sa pensée ! Il agit comme il pense, selon ses valeurs. Car philosophons de tout notre être ! Le philosophe engage son corps quand il pense, puisqu’il est traversé par des émotions ! Certains ne philosophent même qu’en marchant ! En participant à un atelier ou une consultation philosophique, au-delà des mots, notre corps s’exprime ! Pourquoi limiter la philosophie, « l’amour de la sagesse » à une activité cérébrale ? Aimer… n’est-ce pas un verbe qui concerne l’être tout entier ?

Pourquoi la philosophie fait peur ?

C’est un peu comme l’opéra pour la musique : la plupart des gens ont l’impression que cela s’adresse à une élite. La philosophie, dans la tête des gens, est quasiment indissociable de la scolarité. Et si la philosophie est scolaire, à quoi peut-elle servir sinon à avoir une bonne note au bac ?

Beaucoup de gens ne se sentent ainsi pas concernés par la philosophie… jusqu’à ce qu’ils prennent conscience qu’ils se sont posés des questions philosophiques toute leur vie… que bien loin d’être une étrangère elle est constitutive de notre être.

En outre, la philosophie fait peur parce qu’elle demande de s’engager, de choisir, de trancher afin que la pensée puisse s’appuyer sur quelque chose. Elle nous invite à prendre notre place et à laisser de la place à l’autre. Ni rester en retrait, ni se mettre en avant… trouver le juste équilibre.

Philosopher c’est donc aussi accepter de souffrir, de fournir un effort. Souffrir, car nous sommes renvoyés à nous-mêmes, à nos blessures, par les sujets que nous pensons, mais aussi par les gens avec qui nous philosophons, et qui sont notre miroir. Fournir un effort parce qu’il faut faire preuve de logique, construire un raisonnement, il faut oser une pensée, s’exposer à la critique.

Philosopher peut changer notre vie, nous permettre de nous extraire d’un inconfort sécurisant.

C’est un chemin d’authenticité qui bouscule, dérange, étonne… émerveille… et nous voilà soudain face à nous-même, prêts à changer notre vie, à ne plus la subir, à en être responsable… Combien d’entre nous préfèrent à ce grand chamboulement salutaire, l’aveuglement et le déni ?

Pour finir, il y a aussi cette peur que la philosophie ne serve à rien d’autre qu’à « couper les cheveux en 4 », du blabla pour intellos désœuvrés, une discipline bêtement théorique, déconnectée du corps, de la terre, donc de la réalité… Réservée à ceux qui se protègent de la vie en restant dans le donjon de la théorie, dans le domaine de l’intellect, de l’idée… sans aller se confronter à la réalité du terrain, aux beaux parleurs… Pour moi, la philosophie est l’exact opposé de tout cela ! Une discipline ancrée, qui ne néglige aucun aspect de notre être, qui n’a de sens que si elle est incarnée ! Dois-je l’avouer ?… Mes retrouvailles avec la philosophie ont été une véritable jouissance!

L’enseignement de la philosophie dès la seconde.

L’enseignement de la philosophie dès la seconde.

Nous y avons presque cru, la philosophie va être enseignée dès la seconde. Et bien non, il n’y aura pas de nouveaux recrutements. La philosophie risque bien de subir le même sort que l’histoire de l’art qui est enseignée au collège par des professeurs de dessins, d’histoire et de français qui font des heures supplémentaires. Pourquoi ne pas faire appel à des étudiants en histoire de l’art? De l’histoire de l’art au rabais, des cours qui ne portent que le nom d’histoire de l’art mais qui ne permettent ni aux élèves d’avoir des repères, ni aux étudiants de trouver une place dans l’enseignement. Il semble que la philosophie en seconde et en première sera à peu près traitée de la même façon, une option sans intérêt qui ne fera sans que dégouter un peu plus les élèves. J’attends des informations et des commentaires.

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La disparition de la Philosophie…

Pour la philosophie

https://www.youtube.com/watch?v=CDho-wB0ei0

Dialogue entre Michel Serres, et Vladimir Jankélévitch (1975), sur la place de la Philosophie dans l’enseignement secondaire, et l’importance de la proposer à tous.

Jankélévitch, l’annonçait, on va chercher à saboter la Philosophie, la faire disparaître de l’école, là où il faudrait la réintégrer à chaque moment de nos vies, on fait même en sorte de l’oublier ; de la rendre si obscure, si peu accessible qu’elle va tomber dans l’oubli puis disparaître totalement…

 

 

Initier les enfants à la philosophie

Petits et grands bonheurs de la philosophie

Comment initier les enfants à la philosophie, à la réflexion sur des valeurs fondamentales comme l’amour, le respect, le bonheur ?

https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du-soir/petits-et-grands-bonheurs-de-la-philosophie

Dans son dernier livre, Frédéric Lenoir s’intéresse à la transmission de la philosophie et de l’art de méditer à des enfants. Après avoir beaucoup écrit sur le bonheur, il a décidé de prendre son bâton de pèlerin et de sillonner le monde pour partager ces bonheurs qui ont été, qui sont toujours les siens, bonheur de philosopher, de méditer, de tenter un chemin de sagesse, avec les plus jeunes, parfois très jeunes.
Poème lu : Christian Bobin, extrait de L’homme joie (p.177-179).
Le site de Frédéric Lenoir :
Le site de la Fondation SEVE

Pourquoi n’arrivons nous pas à dire ce qu’est la philosophie?

Mais pourquoi donc la philosophie est-elle si fourbe qu’à peine on a compris ce qu’elle était, elle nous fait encore nous demander si on en est sûr?

Me voilà de nouveau en plein questionnement sur ce qu’est la philosophie et pour qui elle est.

J’ai eu une discussion éclair avec un collègue qui dit avoir fait le tour de toutes les initiatives de philosophie pour enfant et je ne suis pas sûre d’avoir clairement compris ses conclusions. En tout cas toute pédagogie alternative autour de la philosophie semble exclue à ses yeux.

Il donne le sentiment que seuls ceux qui étudient et approfondissent les auteurs peuvent avoir accès à ce qu’est LA Philosophie. Mais j’ai de mon côté l’idée depuis des années que c’est à cause de cette conception là que les gens fuient la philosophie et n’essaient même pas de voir ce qu’elle peut être.

il y a un fossé entre le questionnement qui se croit éclairé et qui comme le dit très bien mon collègue fait comme Monsieur Jourdain chez Molière en se prenant pour un philosophe en disant n’importe quoi. Donc si c’est ce qu’il voulait dire je suis bien d’accord, dans ce domaine on devient vite puant, et imbu de sa personne sous prétexte d’avoir prononcé quelques mots savants et quelques références de seconde main.

Mais alors tous ceux qui veulent donner accès à la philosophie aux enfants ou qui veulent avoir des questionnements philosophiques sans vraiment connaître la philosophie et sans avoir la capacité de lire Kant ou Spinoza sont-ils pour autant des imposteurs et des personnes qui ne pourront jamais accéder aux brillantes sphères de la philosophie?

C’est justement ce que je n’ai jamais cru, car l’étonnement et le questionnement philosophique sont toujours là en permanence à portée de main pour chacun et comme le veut Jankélévitch il fait sans doute partie des choses qui se présentent à nous par fulgurance et qui parfois redisparaîssent aussitôt, après en avoir eu une si forte et si claire intuition.

Pour preuve j’en ai le nombre d’adultes qui veulent que je les conseille sur des livres de philosophie accessibles pour eux. sans pour autant prétendre qu’ils sont philosophes, car selon mon collègue cela serait vraiment se moquer du monde, les enfants ont ce regard juste et précis sur les choses car ils sont souvent étonnés par ce qui est devenu si évident pour nous. ils proposent une autre façon de voir, là où nous sommes habitués à aborder une question sous un certain angle.