La spiritualité et l’enseignement
Arnaud Desjardins, Pour une Vie réussie
La spiritualité :
Sénèque: Lettre à Lucilius
Sénèque:
Lettre à Lucilius
Chapitre 16, §3 et suiv.
Erich Fromm, Être ou Avoir
Erich Fromm, Être ou Avoir
Lire :
p. 54
Idée reçues sur la philosophie
Idée reçues, La philosophie
Le cavalier bleu, p. 19
Un lycée de campagne
Un lycée de campagne
Après une première expérience d’enseignement dans un lycée d’une petite ville de 5000 habitants, je souhaite faire un bilan de la vision que les élèves de terminales ont de la philosophie.
- Les élèves apprécient de pouvoir s’exprimer, ils sont relativement curieux et posent beaucoup de questions. Ils ont plus de curiosité pour le thème en lui-même que pour les auteurs, qui semblent souvent leur faire peur.
- Dès qu’il s’agit de les faire disserter ou utiliser des arguments employés par les auteurs la plupart des élèves se bloquent, alors qu’ils savent mener une réflexion et répondre à des questions sur ce qu’ils pensent à ce sujet. Ils savent nuancer et trouver des exemples, et remettre en question les préjugés.
- Le passage à l’écrit est souvent source de confusion et d’échec pour eux. Ils ont en outre une incapacité totale à lire un texte et à l’exploiter.
- Il apparaît quelques points très positifs, le dialogue avec l’enseignant n’est pas refusé. S’ils n’ont pas une réelle compréhension de ce qu’est la philosophie, ils n’ont pas une attitude de rejet et essayent d’avoir une réflexion par eux-même.
- Cependant dès qu’ils sont évalués, ils se sentent incapables alors même qu’ils sont très pertinents et vifs d’esprit à l’oral.
- Ils ont beaucoup de difficultés à prendre en note les éléments donnés par le professeur, et ne peuvent pas assimiler un trop grand nombre d’idées nouvelles pour eux.
- Même les bons élèves ont de grosses lacunes dans la connaissance du français, tant dans sa syntaxe que dans son vocabulaire.
Par MG le mercredi 26 janvier 2011, 20:05
Lettre de juin 1969 de D. W. Winnicott La Thérapie Comportementale !
Lettre de juin 1969 de D. W. Winnicott
La Thérapie Comportementale !
Lettre de juin 1969 adressée par D.W.Winnicott, au rédacteur de Child Care News, parue dans D. W. Winnicott. Psycho-Analytic Explorations, Londres. Kamac, 1989, pp. 125-128.
Cher Monsieur,
D. W. WINNICOTT
Traduit de l’anglais par Michel Gribinski
Faut-il donner goût à la philosophie ?
Faut-il donner goût à la philosophie ?
Enseigner le mythe de la caverne pour commencer la philosophie semble approprié afin de donner à comprendre ce qu’est l’attitude philosophique.
Néanmoins cette étude requiert, non pas de connaître le passage textuel et d’en savoir la signification dans la philosophie de Platon, mais de pouvoir l’employer pour se faire une idée de la démarche afin d’adopter un point de vue philosophique sur le monde. Bien des philosophes l’ont reconnu, le plaisir éprouvé à philosopher est en contradiction avec les intérêts de notre propre vie, personnelle, intime. L’étude de la philosophie ne doit pas être faite dans la recherche d’un quelconque honneur. Ainsi l’écueil de bien des philosophes est sans doute d’avoir voulu faire une découverte positive et d’apposer un sens systématique sur le cours des choses, se posant comme les ultimes penseurs.
Une réelle capacité philosophique implique de se placer sur un plan universel. Le mythe de la caverne enseigne ceci ; que les êtres humains sont préoccupés par leurs honneurs, et par l’apparence sensible mais ne contemplent pas le cours des astres. Cet enseignement permet de considérer la place réelle dans le temps et dans l’espace de l’être vivant, cette détermination n’est alors plus une vérité relative mais le Vrai.
Faut-il donc étudier les philosophes uniquement pour comprendre la complexité de leur pensée et dénouer les problématiques conceptuelles obscures? Si elles sont si obscures que cela! N’avons-nous pas tendance à complexifier ces pensées, là où leurs mots se suffisent à eux-mêmes? N’est-il pas quelque chose de plus accessible à toute raison que les écrits philosophiques ? N’y a-t-il pas un abandon d’une capacité de philosopher par soi-même et pour soi-même ? L’étude de la philosophie telle qu’elle se fait désormais n’est-t-elle pas, une grande sophistique? Quel carcan retient la pensée, ne peut elle se libérer des schémas préconçus ?
Toutes ces questions veulent prévenir de l’erreur souvent faite, d’aborder les philosophes avec la peur de ne pas comprendre. L’écueil est autant dû aux professeurs qui expliquent ces philosophes avec une trop grande complexité, sans essayer de susciter l’émotion chez l’élève ; que le fait des élèves ou étudiants qui ne lisent pas par eux-mêmes la philosophie qui doit être vécue intimement et ne doit pas rester une compréhension purement rationnelle. Ceci implique et suppose que la philosophie doit être un ébranlement, et non pas seulement un apprentissage. Que des spécialistes creusent de façon complexe les rapports entre les philosophes ; tentent de s’assurer du sens de leurs pensées, est une chose, qui a son intérêt pour les spécialistes : mais sans en arriver là ; la philosophie peut avoir une fonction de prise de distance sur le quotidien, sans avoir besoin de connaître la pensée d’un auteur dans son ensemble.
Les étudiants de philosophie ont une réaction paradoxale lorsqu’ils découvrent l’enseignement à l’université, ils s’impliquent dans un domaine qu’ils ont choisis mais en critiquent très vite la complexité et les exigences. Cette réaction peut se comprendre si on envisage qu’on ne décide pas d’étudier la philosophie par hasard. Souvent, il y a eu une rencontre intime avec elle. Car rare sont ceux qui choisissent d’étudier la philosophie pour construire une carrière. Ainsi les premiers cours sont épanouissants, mais arrivent les partiels qui nécessitent d’avoir une connaissance précise de ce qui a été étudié. On n’est donc plus là pour observer les mouvements de la pensée, mais pour consacrer ceux qui en ont fait quelque chose avant nous.
Pourquoi est-ce désormais si difficile de faire les deux, apprendre, et penser par soi-même ? Il semble qu’il y ait un choix à effectuer comme si devoir connaître un auteur empêchait de nourrir sa propre pensée. Schopenhauer déjà dénonçait l’enseignement académique, dénonçant les professeurs, tel que Hegel, de passer à côté de la philosophie véritable.
Cela nécessite une lutte continuelle, de continuer à prendre connaissance des penseurs et ne pas falsifier sa propre capacité de juger.
Une culture coupée en deux?
Une culture coupée en deux?

Dans l’enseignement, il est coutume de séparer les matières littéraires et les matières scientifiques, cette distinction donne lieu à une attitude clivante face à la connaissance, rares sont les professeurs, en France qui sont capables de passer d’un domaine à l’autre, ou de s’impliquer dans une matière qui n’est pas la leur.
Être capable de transversalité assure une souplesse et une plasticité face à sa spécialité, c’est aussi avoir fait l’expérience d’une remise en question de ses connaissances et de ses facultés et ainsi savoir faire preuve d’humilité. Aussi comment enseigner des rudiments méthodologiques pour sa propre matière dans ces conditions? Comment des professeurs qui ne sont que spécialistes convaincus de leur domaine, peuvent-ils avoir le recul nécessaire et les outils pour faire appréhender leur discipline ?
La philosophie peut apporter une compréhension transversale et transdisciplinaire des méthodes, lorsqu’on s’intéresse à l’ensemble de son histoire, elle peut offrir un regard distancé et critique sur tous les domaines. A l’époque de Pythagore, le philosophe était aussi et avant tout un mathématicien ; appréhender le monde c’était observer conjointement les astres, les rapports entre les nombres et le bien vivre humain.
A l’heure actuelle, si on affiche une tolérance généralisée pour la différence, on ne sait plus réellement ce qu’il y a d’autre que ce que l’on fait. C’est le problème de la spécialisation. Nous n’avons affaire qu’à des points de vues particuliers, dépendants de choix d’orientation, ou de la culture locale. La pensée serait en danger face aux choix politiques nationaux, là où elle gouvernait aux meilleures heures de la philosophie. Il semble que nous sachions encore faire preuve d’érudition mais fréquemment elle est recherchée comme fin en soi, elle n’est plus un moyen au sens où elle est dépourvue de l’appréhension de méthode et d’un regard critique au sens de méthodes constructives.
Une didactique de la philosophie pour aimer penser
Une didactique de la philosophie pour aimer penser.
L’école devrait être une fête, le savoir un plaisir, pourquoi est-ce tout le contraire?
La complexité de notre rapport au savoir, l’explication proposée par Michel Foucault qui s’exprime à propos de l’école : https://www.youtube.com/watch?v=VjsHyppHiZM


